Produits alimentaires pour enfants : trop gras, trop salés ou trop sucrés


22/06/22 Marketing Enfants

Dans l’assortiment des produits destinés aux enfants, 94% sont trop sucrés, trop salés ou trop gras. C’est le chiffre accablant que révèle la dernière enquête menée par l’Alliance des organisations de consommateurs sur un échantillon de 344 articles. Concernant le sucre, c’est en moyenne près de 33% que l’on retrouve dans la composition de ces denrées. La Fédération Romande des Consommateurs (FRC) et ses collègues alémaniques de Konsumentenschutz et tessinois de l’ACSI exigent donc plus de transparence et une limitation du marketing s’adressant aux enfants. À l’avenir, le nombre de produits au profil nutritionnel équilibré doit être sensiblement meilleur qu’un score 20 sur 344.

Produits alimentaires pour enfants : trop gras, trop salés ou trop sucrés

Ont été répertoriés tous les produits boulangers et laitiers, céréales de petit-déjeuner, boissons, snacks, etc. dont l’emballage à l’univers enfantin cible spécialement les plus jeunes. Cela représente 344 produits vendus par les distributeurs Coop, Migros, Aldi et Lidl. Chacun a été examiné pour savoir s'il correspondait au profil nutritionnel de l'OMS désignant des aliments suffisamment équilibrés pour être promus auprès des enfants. Le résultat est catastrophique: 94% des produits contiennent trop de sucres, de sel et/ou de matières grasses. L’apport en sucre est particulièrement problématique, ce que la FRC dénonce régulièrement tout en sensibilisant les parents à l’effet cumul de différents aliments tout au long de la journée.

Nutri-score: 64% des produits ont un score négatif

Si les produits disposaient du Nutri-score sur leur emballage, parents et enfants verraient que la grande majorité des articles serait affublée d’un score C jaune (23%), d’un D orange (41%) ou un E rouge (23%). Seuls 13% afficheraient un A vert foncé (5%) ou B vert clair (8%).

Nutri-score: 64% des produits ont un score négatif

Marketing: 94% des produits ne devraient pas bénéficier de publicité

En appliquant le profil nutritionnel de l’OMS pour évaluer si un produit est assez sain pour mériter qu’il en soit fait la publicité auprès des plus jeunes, seuls 20 (6%) remplissent les bons critères. L’écrasante majorité (94%) est constituée de denrées massivement trop grasses, sucrées ou salées pour être mis en avant.

Marketing: 94% des produits ne devraient pas bénéficier de publicité

L’industrie agroalimentaire compromet la santé des plus jeunes consommateurs. Selon un rapport de l'OMS publié début mai 2022, en Suisse, 23% des 5-9 ans sont déjà touchés par le surpoids. Pour la tranche d’âge des 10-19 ans, la part est de 21%. Les chiffres européens sont de respectivement 30% pour les plus jeunes et 25% pour les (pré-)adolescents. D’autres données (pas encore publiées) indiquent que les deux années de pandémie ont eu un impact négatif supplémentaire sur le poids de ces populations. La conséquence se fait sentir tant sur leur santé physique et mentale. De plus, les enfants en surpoids risquent de le rester une fois adultes et de souffrir prématurément de diabète et de maladies cardiovasculaires.


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Sachant que sur 344 produits, seuls 20 répondent aux critères de l’OMS, l’Alliance des organisations de consommateurs demande donc aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé des enfants et la placer avant les intérêts des acteurs économiques. Elles exigent donc des mesures pour limiter ce fléau. Elles demandent :

1 De rendre obligatoire le Nutri-score sur tous les produits s’adressant aux enfants par un emballage aguicheur

2 De n’autoriser la publicité que pour les produits qui remplissent les critères de l'OMS. Et, a contrario, d’interdire toute allégation de santé ou nutritionnelle sur ceux qui ne les remplissent pas

3 D’intégrer dans la prochaine révision de la Loi sur les denrées que le Conseil fédéral puisse, si nécessaire, restreindre le marketing s’adressant aux enfants

4 À l’OSAV d’exiger des efforts et des objectifs contraignants de la part de l’industrie agroalimentaire, qui placent la santé des enfants avant les intérêts des acteurs économiques.

« Une limitation efficace du marketing enfant est absolument nécessaire, constate Sophie Michaud Gigon, Secrétaire générale de la FRC, car les engagements volontaires n’atteignent visiblement pas l'objectif de rendre le marketing plus responsable et les produits réellement adéquats.» Ni le SwissPledge ni la réduction volontaire du sucre selon la Déclaration de Milan n'ont eu d’effet significatif. Il faut en finir avec les promesses vides !



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